Pourquoi tu bloques même quand tu as enfin un moment pour toi

Il y a quelque chose que j’ai mis du temps à comprendre.

Pendant longtemps, je pensais que si j’avais enfin un moment pour moi, j’allais forcément en profiter. Que j’allais réussir à me poser, à souffler un peu, à faire quelque chose qui me ferait du bien.

Mais en vrai, ce n’était pas si simple.

Il m’est arrivé d’avoir enfin un peu de temps… et de ne pas savoir quoi en faire. De tourner un peu, de prendre mon téléphone, de ranger un truc qui pouvait très bien attendre, ou de me retrouver à faire n’importe quoi sauf me poser vraiment.

Comme si j’avais réclamé du calme toute la journée… pour finalement ne plus savoir comment l’accueillir quand il arrivait.

Et je crois que beaucoup de femmes vivent ça sans forcément le comprendre.

Elles disent qu’elles auraient besoin d’un moment pour elles. Et c’est vrai.
Mais quand ce moment arrive enfin, quelque chose bloque.

Pas parce qu’elles n’en ont pas envie.
Pas parce qu’elles sont incapables de se faire du bien.
Souvent, c’est juste que la tête, le corps, le rythme intérieur sont encore beaucoup trop lancés pour que le calme s’installe d’un coup, comme par magie.

Ce n’est pas un manque d’envie

Quand on rêve d’un moment pour soi, on imagine souvent quelque chose de doux, de simple, presque élégant.

Dans la réalité, c’est parfois moins glamour.

Tu attends ce moment depuis longtemps. Tu te dis que tu en as besoin. Et une fois qu’il est là, tu ne sais plus comment l’habiter. Tu erres un peu. Tu scrolles. Tu ranges un coin de table. Tu lances une machine. Bref, tu fais plein de petites choses très utiles… sauf celle de te poser.

Ce n’est pas un manque d’envie.
C’est souvent un signe de saturation.

Quand on a passé beaucoup de temps à gérer, à penser, à tenir, à répondre, le calme ne vient pas naturellement. Il faut parfois du temps pour redescendre. Il faut parfois réapprendre à se poser sans avoir l’impression d’abandonner son poste de contrôle.

Quand on a trop tiré sur soi, le vide peut presque déstabiliser

Je crois qu’on sous-estime souvent ça.

On pense que le repos est toujours facile. Que le calme fait automatiquement du bien. Que dès qu’on a un peu de temps, il suffit de s’y mettre.

Mais quand on a l’habitude d’être dans le mouvement, dans l’anticipation, dans la gestion, dans la tension intérieure, s’arrêter peut presque devenir inconfortable.

Le vide fait remonter ce qu’on contenait.
Le silence laisse plus de place à ce qu’on repoussait.
Et parfois, au lieu de souffler, on se retrouve à répondre à un message, déplacer trois objets ou nettoyer un truc qui, franchement, pouvait très bien vivre encore vingt-quatre heures comme ça.

C’est aussi pour ça qu’on bloque.

Ce n’est pas grave si tu ne sais pas tout de suite comment te poser

C’est un point important.

Beaucoup de femmes se jugent à cet endroit.
Elles se disent :

“J’ai enfin du temps et je ne sais même pas quoi en faire.”
“Je devrais être contente.”
“Je devrais réussir à me poser.”
“Je devrais en profiter.”

Comme s’il fallait réussir son moment pour soi du premier coup.

Mais non.

Tu n’as pas à performer ton repos.
Tu n’as pas à devenir soudainement une femme paisible avec une tisane à la main juste parce qu’un créneau s’est libéré dans ton agenda.

Tu n’as pas à savoir spontanément comment revenir à toi si ça fait longtemps que tu t’es mise de côté.

Parfois, il faut quelque chose de plus concret.
Un point de départ.
Un cadre.
Un geste simple.

Se poser ne commence pas toujours par “bien se détendre”

C’est là que, pour moi, la création peut devenir un vrai appui.

Pas la création pour faire beau.
Pas la création pour réussir quelque chose.
Pas la création version “je vais faire un truc magnifique alors que je suis déjà au bord de la surchauffe”.

Mais la création comme manière d’entrer doucement quelque part.

Une feuille.
Quelques mots.
Une image découpée.
Une couleur posée sans réfléchir.

Parfois, on n’a pas besoin d’un grand moment.
On a juste besoin d’un premier geste qui aide à revenir dedans.

Quand le mental tourne trop, commencer par faire un peu de place sur la feuille peut être plus simple que d’essayer de se détendre sur commande. Parce que, soyons honnêtes, “détends-toi” n’a jamais détendu grand monde.

Ce que j’en retiens aujourd’hui

Aujourd’hui, je ne crois plus qu’un moment pour soi se décrète comme ça.

Je crois qu’il se prépare, qu’il s’apprivoise, qu’il se construit parfois petit à petit.

Et je crois surtout que si tu bloques quand tu as enfin un peu de temps pour toi, ça ne veut pas dire que tu fais mal. Ça veut peut-être simplement dire que tu es arrivée jusque-là en tirant beaucoup trop sur toi.

Alors non, tu n’as pas besoin d’être parfaite dans ta manière de te poser.
Tu as peut-être juste besoin d’un endroit plus doux, plus concret, plus vrai, pour commencer.

C’est exactement dans cet esprit que je propose mes ateliers : un espace sensible, concret et accessible pour déposer un peu ce qui reste trop longtemps à l’intérieur, avec les mots, les images, le collage et la couleur.

Pas pour faire beau.
Pas pour réussir.
Pour revenir à toi, doucement.

Sandra.