Tout a repris. Les horaires, les rendez-vous, les habitudes, les choses à penser.
Et je me suis rendu compte que, moi aussi, j’étais repartie presque automatiquement. Comme si septembre avait appuyé sur un bouton : allez, on reprend.
Sauf qu’intérieurement, ce n’était pas aussi simple.
Alors je me suis posé cette question : tout a repris… mais moi, où j’en suis vraiment ?
Et j’ai eu envie de te la poser aussi.
Quand tout repart plus vite que nous
La rentrée est passée. Les semaines recommencent à se remplir. Les rendez-vous reviennent, les choses à prévoir aussi.
De l’extérieur, tout semble reprendre sa place.
Mais je trouve qu’il y a parfois un drôle de décalage.
On recommence à faire. À organiser. À répondre. À penser à demain, à la semaine prochaine, à ce qu’il ne faut surtout pas oublier.
Et pendant ce temps-là, à l’intérieur, quelque chose n’a peut-être pas encore complètement suivi.
Je connais bien cette sensation.
Celle où l’on fait ce qu’il y a à faire, mais où la tête commence déjà à se remplir de petits onglets ouverts.
Un truc à penser.
Un message auquel répondre.
Un rendez-vous à prendre.
Une idée qu’on ne veut pas oublier.
Un “il faudra que…”
Puis un autre.
Et le trop-plein revient rarement avec une grande pancarte.
Il revient doucement.
Et toi dans tout ça ?
C’est finalement cette question qui m’intéresse le plus.
Pas : est-ce que tout est organisé ?
Pas : est-ce que tu as repris ton rythme ?
Pas : est-ce que tu as pensé à tout ?
Mais simplement : toi, comment tu vas là-dedans ?
Peut-être que tu es contente que tout reprenne.
Peut-être que tu te sens déjà fatiguée alors qu’on est seulement en septembre.
Peut-être que tu as encore une partie de toi qui aurait bien aimé rester un peu dans le rythme de l’été.
Ou peut-être que tu ne sais pas vraiment.
Et je crois que c’est ça aussi qui m’intéresse dans ce que je propose aujourd’hui : créer un endroit où l’on n’est pas obligée d’avoir immédiatement une réponse claire.
Parce que parfois, mieux s’organiser ne suffit pas
Je l’ai fait aussi : chercher une meilleure organisation quand ma tête était trop pleine.
Une liste plus propre.
Un agenda mieux tenu.
Une nouvelle façon de classer les choses.
Et parfois, oui, ça aide.
Mais j’ai compris avec le temps que je n’avais pas toujours besoin d’une meilleure méthode.
J’avais parfois surtout besoin de sortir quelque chose de ma tête.
Écrire quelques mots.
Prendre une image sans savoir exactement pourquoi elle m’attire.
Découper.
Coller.
Choisir une couleur.
Faire quelque chose avec mes mains au lieu de continuer à tout faire tourner dans ma tête.
C’est aussi de là qu’est née ma manière d’accompagner aujourd’hui.
Pas de l’idée qu’il faudrait “être créative”.
Mais de cette expérience très concrète : parfois, créer permet simplement de retrouver un peu d’espace à l’intérieur.
Pas de résoudre toute sa vie.
Pas de devenir parfaitement calme.
Juste de faire un peu de place.
Je n’ai plus envie de croire qu’il faut repartir à fond
Septembre donne facilement cette impression.
Nouvelle année scolaire. Nouveaux projets. Nouvelles habitudes. On repart.
Mais aujourd’hui, j’ai beaucoup moins envie de fonctionner comme ça.
Je préfère me demander ce que j’ai réellement envie de remettre dans mon quotidien.
Et aussi ce que je n’ai plus envie d’y remettre.
Certaines habitudes.
Certaines pressions.
Cette manière de vouloir tout tenir en même temps.
Tout a repris autour de nous.
Mais on n’est pas obligées de courir pour rattraper le mouvement.
On peut aussi regarder où l’on en est.
Prendre ce qui est là.
Et repartir de cet endroit-là.
Pas de celui où l’on pense qu’on devrait déjà être.
Sandra — L’Encre Libre.
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